Effet Penrose
L'effet Penrose désigne la contrainte qui limite le rythme de croissance organique d'une firme indépendamment de la disponibilité du capital ou des opportunités de marché : la nécessité de consacrer une partie de ses ressources managériales à l'intégration et à l'assimilation de chaque nouvelle capacité ou activité avant de pouvoir lancer l'expansion suivante. Dans ses travaux, l'économiste Edith Penrose a observé que la croissance d'une firme est fondamentalement contrainte par la capacité de ses équipes dirigeantes à gérer simultanément l'exploitation des activités existantes et l'intégration des nouvelles. Autrement dit, la vitesse d'une nouvelle ressource rare est bornée par des processus d'apprentissage irréductiblement lents.
Cet effet explique pourquoi les firmes qui grandissent trop vite tendent à sous-performer. Leur base managériale est trop sollicitée par l'intégration de ce qui vient d'être acquis pour déployer correctement ce qui vient d'être engagé. Un exemple qui matérialise l'effet Penrose ce sont les firmes de private equity. Celles qui achetaient trop fréquemment sans consolider chaque acquisition avant la suivante ont souvent sous-performé par rapport aux firmes qui patientaient entre deux transactions.
L'effet Penrose constitue une limite fondamentale aux stratégies de croissance externe agressives et justifie l'investissement sur des compétences organisationnelles spécifiques dans la gestion des intégrations post-fusion.