Le test Better Off est l'outil central permettant de déterminer si une firme crée davantage de valeur en conservant une activité dans son portefeuille qu'en la cédant, autrement dit, si l'activité retire un avantage concurrentiel* de son appartenance au groupe ou si le groupe retire un avantage corporate* de sa présence.
Il a été popularisé initialement par Michael Porter (1987) comme un test à passer pour justifier la diversification. Une nouvelle activité doit soit bénéficier de son lien avec la firme mère, soit l'inverse. Emilie Feldman (2022) retourne la logique pour en faire un test de désinvestissement* (séparation/vente d'activités de son protefeuille) : quand le test échoue, le désinvestissement s'impose. Trois configurations le font échouer :
1- "L'inadéquation stratégique" : l'activité ne partage pas de ressources, de compétences ou de clients avec le reste du portefeuille, elle n'est pas donc centrale (core).
2- "La complexité interne" qui se matérialise par le degré de disparités entre les activités. Les structures de compensation, les processus décisionnels et les calendriers réglementaires génèrent des déséconomies de champ* qui excèdent les économies de champ* théoriques.
3- "La sous-évaluation externe" qui arrive quand les investisseurs, incapables de valoriser un conglomérat aux activités trop hétérogènes, appliquent une décote qui réduit mécaniquement la valeur de l'ensemble en dessous de la somme de ses parties.
A titre d'illustration, le PDG Yoshida a explicitement articulé pourquoi le business de semi-conducteurs passait le test Better Off dans l'écosystème Sony de l'entertainment, intégrant la capture d'image au cœur de l'identité technologique de la firme, et n'a pas cédé aux demandes de l'activiste Daniel Loeb.