La décote de conglomérat est la différence systématique entre la valeur de marché d'une firme diversifiée et la somme des valeurs que ses activités auraient si elles étaient des entités indépendantes cotées en bourse. Les études empiriques documentent une décote moyenne de 13 à 15 %, qui s'élargit à mesure que les activités du portefeuille présentent des disparités croissantes dans leurs profils de capitalisation, de croissance et de rentabilité.
General Electric illustre son évolution dramatique. En effet, jusqu'en 2005, sa capitalisation boursière dépassait la valeur de la somme de ses parties, ce qui vaut dire que les investisseurs payaient une prime pour l'appartenance au groupe. À partir de 2006, la situation s'est inversée et n'a plus jamais retrouvé la parité, jusqu'à la désintégration finale annoncée en 2021.
La mécanique de la décote repose sur deux mécanismes :
1- La complexité analytique tout d'abord. Les analystes financiers spécialisés par industrie peinent à modéliser correctement une firme qui opère dans plusieurs industries simultanément, produisant des prévisions imprécises qui contribuent à la sous-évaluation.
2- La complexité organisationnelle ensuite, qui exprime les disparités internes entre activités avec des politiques de rémunération, allocations de capital, cultures différentes, et qui génèrent des coûts de coordination qui pourraient excèder les synergies théoriques.
La décote est la mesure directe de l'échec du test Better Off* à l'échelle du portefeuille, puisqu'elle quantifie concrètement combien de valeur actionnariale est détruite par le fait de maintenir des activités ensemble plutôt que de les séparer.
*Voir le concept dans le dictionnaire The Otentia